
La carte réalisée vers 1643 par Matthäus Merian le Vieux, représente Strasbourg au Haut Moyen Âge (vers 1202).

Plan de 1572 environ
Traduction cartouche en bas à gauche : ARGENTORATUM [le nom latin de Strasbourg], dont Ptolémée, Saint Jérôme, Orose, Eutrope, Marcellin et d’autres ont fait mention en raison de son antiquité ; métropole de l’Alsace, située près du Rhin qui y coule. Appelée par d’autres Argentina ou encore Laurentina (si l’on veut changer son nom d’après sa réalité), mais communément appelée Strasbourg. Ville célèbre par sa vertu, par la prudence et l’intégrité de ses magistrats, par ses études honorables et sa noble école.
Traduction texte autour de la cathédrale :
« L’an du Christ 1015, la septième année de l’épiscopat de Werner [Berengarius], fut commencée sur ses fondations l’actuelle église de Strasbourg. L’an 1277, sous l’évêque Conrad de Lichtenberg, l’architecte Erwin de Steinbach commença à élever la tour ; et la structure fut menée jusqu’aux quatre voûtes de la flèche [ou de la plateforme], vers l’an du Seigneur 1383.
Le reste, jusqu’à la Couronne [le sommet], fut achevé grâce au travail des Juncker de Prague [Jean Parler et sa lignée]. »
Notes historiques sur le texte :
L’évêque Werner (Berengarius) (1001-1028) a lancé la construction de la cathédrale romane (dont il reste les fondations).
L’architecte Erwin de Steinbach à réalisé la façade gothique dont les travaux de la tour ont commencé en 1277.
Les « Junckherorum Pragensium » : Il s’agit d’une référence à la famille d’architectes Parler, venus de Prague. C’est notamment Jean Hültz de Cologne (souvent associé à cette influence praguoise) qui acheva la flèche en 1439, couronnant ainsi l’édifice.

C’est le travail de l’historien-cartographe du XIXe siècle (Lessing) qui tente de reconstruire précisément l’aspect militaire de la ville de 1576 en combinant plusieurs sources : les croquis originaux de Daniel Specklin et un plan de 1678.

La ville de Strasbourg, telle qu’elle se présente à l’époque actuelle, en l’an 1643.
Ce plan est une véritable « photographie » urbaine avant l’arrivée des Français en 1681.
Merian donne des détails très précis sur la taille de Strasbourg à l’époque :
Zone A (La ville intérieure) : 145 rues.
Zone B (Les faubourgs Ste-Aurélie et Pierre Blanche) : 39 rues.
Zone C (Le quartier de la Krutenau) : 22 rues.
Le périmètre total est estimé à 3 803 Klafter (une ancienne mesure, la toise, soit environ 7,4 km).

Il s’agit d’une copie réalisée au XIXe siècle d’un plan original de la fin du XVIIe siècle.
L’auteur original est Christoph Heer, un ingénieur et architecte actif à Strasbourg au XVIIe siècle.
« Copie gefertigt von E. Lessing 1890 » : C’est la confirmation que nous sommes face au travail de Lessing. Il a recopié ce plan en 1890, probablement pour les archives de la ville.

Original-Handzeichnung (1678) von Specklin Daniel (1536-1589). Il s’agit en réalité de la copie réalisée par E. Lessing en 1890 d’après les croquis originaux de Daniel Specklin.

Ceinture de fortifications bastionnées dessinée par l’ingénieur militaire Vauban datant d’après le rattachement de la ville à la France en 1681 (Nord en bas).
À gauche (à l’est de la ville, le nord est donc en bas), on distingue très nettement la Citadelle de Strasbourg, construite entre 1682 et 1684 pour surveiller le Rhin et sécuriser la frontière. Le plan met en évidence l’importance stratégique de l’eau :
L’Ill traverse la ville (on voit les bras de la rivière qui forment la « Grande Île »).
Le système de fossés inondables autour des remparts permettait de mettre les environs sous l’eau en cas de siège, rendant la ville imprenable.
En bas du plan, on aperçoit le tracé du Canal de la Bruche, également conçu par Vauban pour acheminer le grès nécessaire à la construction de la Citadelle et des fortifications.

Plan de 1682 – Nord en bas

Le plan de 1684 dessiné par E. Lossing dans les années 1890. Strassburg, Festung Kehl und Dorf Kehl (Strasbourg, la Forteresse de Kehl et le Village de Kehl).
Ce plan témoigne de la transformation d’une ville libre du Saint-Empire en une place forte majeure du Royaume de France. Il illustre parfaitement la notion de « frontière de fer » voulue par Louis XIV.

Plan de 1720

Carte entre 1790 et 1795 par Dalencour, Cartographe. Plan de la ville et citadelle de Strasbourg ; Vue de la ville et de la citadelle / Dalencour del. et s.

Plan de 1697 avec texte en latin et en Allemand (ajout ultérieure)
La partie latine (Conseils de Wimpfeling à Strasbourg)
Il s’agit d’un poème moralisateur adressé à la ville de Strasbourg (Argentina en latin) :
« Strasbourg, pour conserver tes forces illustres, Et de peur que tes richesses ne soient peut-être pillées, Fais en sorte que l’amour privé disparaisse, ainsi que les rivalités discordantes, Les factions, la violence, l’orgueil, l’adultère et le luxe dévorant. Et que ne te déplaisent point la justice, la sagesse, les mœurs, La religion, la vertu, l’art, les bons écrits et la foi. »
Traduction du texte Allemand :
« Le bon Wimpfeling, qui aimait sa ville natale de Strasbourg, ajoutait ces mots : C’est ainsi que Dieu et sa mère protégeaient cette ville
Que dirait cet homme intègre s’il revenait et devait voir, en l’an 1793, que l’on a interdit le culte à Strasbourg, transformé les églises en greniers à fourrage, et qu’on a exécuté la demoiselle de Trincklen d’Oberkirch [une erreur de nom probable de l’auteur pour une figure locale] parce qu’elle a refusé de jouer le rôle de la Raison sur un théâtre érigé dans l’église principale [la Cathédrale] ?
Que dirait-il en voyant que l’on a forcé les citoyens, sans distinction, à payer une contribution monstrueuse de sept millions ; qu’on a transformé de force les citoyens et leurs fils en soldats, et que toute la ville a été livrée à la « Sans-culotterie », c’est-à-dire à la vile populace ? »

Plan de 1643 – Merian, Matthäus l’Ancien (1593-1650) réalisé en 1663.
La curiosité de ce plan est son orientation par rapport à la rose des vents.
