Protohistoire (−1000 à −12 av. J.-C.)
Système politique : sociétés celtiques tribales
Peuples : Médiomatriques
Langues : gaulois (langue celtique)
Rattachement : monde celtique indépendant
Strasbourg, aujourd’hui cœur de l’Alsace, était initialement à la frontière orientale du territoire médiomatrique. Avant l’arrivée des Romains, le site s’appelait Argentorate, nom celtique signifiant « forteresse de l’argent ou éclat » (Argento- : argent/éclat, -rate : forteresse). Au IIIᵉ siècle av. J.-C., les Médiomatriques contrôlaient la plaine d’Alsace jusqu’au Rhin. La ville servait alors de sanctuaire et de lieu de commerce stratégique.
Le recul face aux Germains (70 – 60 av. J.-C.)
Fondation : Camp romain d’Argentoratum
Système politique : Empire romain (administration militaire puis civile)
Langues : latin officiel, langues celtiques résiduelles
Rattachement : Empire romain
Le premier évêque historique (attesté) : Saint Amand
La première preuve historique irréfutable de l’existence d’un évêque à Strasbourg remonte à l’an 343. Amandus (Saint Amand) est mentionné comme participant au concile de Sardique (aujourd’hui Sofia, en Bulgarie). C’est la première fois qu’un représentant de l’Église d’Argentoratum (nom romain de Strasbourg) apparaît dans un document officiel.
Le site devient un centre militaire et stratégique de l’Empire romain.
Période romaine (−12 – Vᵉ siècle)
Peuples germaniques : les Suèves menés par Arioviste franchissent le Rhin.
Conséquence : les Médiomatriques sont repoussés derrière les Vosges, et les Triboques (alliés des Germains) prennent le contrôle de la plaine d’Alsace.
Intervention romaine : Après la victoire de Jules César sur Arioviste, Strasbourg devient officiellement territoire des Triboques sous administration romaine.

Effondrement de l’ordre romain (vers 400–450)
Déclin de l’Empire romain d’Occident
Retrait progressif de l’administration et de l’armée
Strasbourg (Argentoratum) : disparition de l’autorité impériale
Maintien partiel :
– cadre urbain
– évêché chrétien
Système politique : vide de pouvoir mais continuité religieuse
Domination des Alamans (Ve siècle)
Peuple dominant : Alamans (confédération germanique)
Organisation politique : pouvoir tribal, chefferies locales
Nom de la ville : Argentoratum disparaît progressivement : Strateburgum (Strate = route, Burg = ville fortifiée)
Langue : alémanique imposée par les Alamans
Intégration au royaume franc (fin Vᵉ – VIᵉ siècle)
Bataille de Tolbiac (496) : Clovis bat les Alamans.
Strasbourg passe sous contrôle des Francs.
La population conserve sa langue et sa culture alémaniques.
Période mérovingienne (VIᵉ–VIIIᵉ siècle)
Organisation politique : Austrasie (royaume franc divisé)
Pouvoir effectif : maire du palais, rois mérovingiens avec autorité théorique
Rôle de Strasbourg :
– centre religieux (évêché actif)
– nœud régional secondaire
Évêques célèbres :
Après la période de flou qui a suivi les invasions barbares, deux évêques ont véritablement structuré le diocèse durant le Haut Moyen :
Saint Arbogast (vers 550-600) : considéré comme le véritable refondateur de l’évêché sous les Mérovingiens.
Saint Florent (vers 600) : successeur d’Arbogast, il a consolidé l’influence de l’Église dans la ville de Strateburgum.
Début des fondations monastiques : abbaye Saint-Thomas
Langue : latin officiel, vieux haut-allemand (dialecte francique/alémanique)
Transition carolingienne (VIIIᵉ siècle)
Prise de pouvoir : Pépin le Bref (751)
Renforcement du pouvoir central et alliance avec l’Église
Empire carolingien (VIIIᵉ–IXᵉ siècle)
Sous Charlemagne : administration structurée, hiérarchie territoriale, comtés dirigés par des comtes, missi dominici.
Évêques = acteurs politiques majeurs (pouvoir civil et religieux)
Événement linguistique : Serments de Strasbourg (842), séparation officielle langues romanes/germaniques
Fragmentation post-carolingienne (IXᵉ – Xᵉ siècle)
Traité de Verdun : Strasbourg intégrée à la Francie orientale
Déclin du pouvoir central, montée des pouvoirs locaux : aristocratie, évêques, proto-féodalité
Vers le Saint-Empire (Xᵉ siècle)
Consolidation sous Otton Iᵉʳ
Reconstitution d’un pouvoir impérial germanique
Strasbourg est le nom dominant, Argentoratum encore connu mais archaïque.
Saint-Empire romain germanique (Xᵉ – 1681)
Statut : ville libre impériale (1262–1681)
Système politique : république urbaine oligarchique (bourgeoisie, corporations)
Langues : allemand dominant, latin (savants, religion), dialectes alémaniques (proto-alsacien)
Religion : catholique puis protestante dès 1525 (Réforme)
Rattachement : Saint-Empire romain germanique
Strasbourg devient une ville-État quasi autonome protégée par le Saint-Empire romain germanique.
En 1681, la ville était une petite république protestante enclavée. Son allégeance à l’Empereur Léopold Iᵉʳ de Habsbourg était purement symbolique et diplomatique.
Royaume de France (1681 – 1870)
Annexion : Louis XIV, 1681
Système politique : monarchie absolue, ville passe de ville libre impériale à ville française
Langues : français (administration), allemand/alsacien (population majoritaire)
Religion : tolérance relative du protestantisme, cathédrale rendue au culte catholique
Maintien des institutions municipales et bilinguisme structurel
Pendant des siècles, Strasbourg était une « ville libre impériale » du Saint-Empire romain germanique. Le 30 septembre 1681, Louis XIV, en pleine politique de « Réunions », encercle la ville avec 30 000 hommes sous le commandement de Louvois.
- L’acte : face à une telle force, les Strasbourgeois capitulent. Louis XIV entre solennellement dans la ville le 24 octobre 1681.
- Le geste symbolique : il se rend immédiatement à la cathédrale (rendue au culte catholique après plus d’un siècle de protestantisme) pour y faire chanter un Te Deum. On dit qu’en voyant la ville, il s’est écrié : « Maintenant, je suis chez moi ! »
Vauban et la Citadelle : faire de Strasbourg un bouclier
Dès la prise de la ville, Louis XIV ordonne à son ingénieur de génie, Vauban, de transformer Strasbourg en la place forte la plus puissante d’Europe.
- La Citadelle : construite à l’est de la ville, elle surveille le Rhin.
- Le barrage Vauban : situé aux Ponts Couverts, ce barrage défensif permettait d’inonder le sud de la ville en cas de siège pour bloquer l’ennemi dans les marais.
La création de la « Préture royale »
Louis XIV laisse à Strasbourg une grande partie de ses privilèges et de ses coutumes (d’où l’expression « on ne touche pas aux choses d’Alsace »), mais il installe un représentant direct : le Prêteur royal.
- C’est le début de l’influence culturelle française. On construit des hôtels particuliers « à la française » et la noblesse commence à adopter la langue de la Cour.
L’empreinte religieuse et politique
Louis XIV veut faire de Strasbourg la vitrine du catholicisme face à l’Allemagne protestante.
- Il favorise l’installation des Jésuites.
- Il impose que le magistrat (le conseil municipal) soit composé à parts égales de catholiques et de protestants (le « Simultanéum »).
- C’est sous son impulsion que le projet du Palais Rohan est amorcé par les cardinaux de Rohan, même si le bâtiment actuel date du règne suivant (Louis XV).
Une intégration réussie
Malgré la violence initiale de l’annexion, Louis XIV réussit son pari : à la fin de son règne en 1715, Strasbourg est solidement rattachée au royaume de France. Elle est devenue une ville de garnison prestigieuse, riche et stratégique.


Monarchie absolue (1681 – 1789)
Gouverneur militaire + intendance royale
Magistrat contrôlé par l’État
Français : administration et armée
Allemand / alsacien : population et commerce
Révolution française (1789 – 1799)

Fin des privilèges urbains, municipalité élue
Centralisation jacobine
Le français devient langue politique obligatoire
Début de la francisation
Consulat et Empire (1799 – 1815)
Napoléon Iᵉʳ
administration préfectorale, place militaire stratégique
Français renforcé, alsacien dominant dans la vie quotidienne
Pour Napoléon, Strasbourg n’est pas une simple ville de province, c’est la clé de l’Allemagne.
- Séjours fréquents : entre 1804 et 1813, il y séjourne à de nombreuses reprises (notamment en 1805, 1806 et 1809). C’est depuis Strasbourg qu’il organise la logistique de la campagne d’Austerlitz.
- La place forte : il renforce considérablement les fortifications de la ville et de Kehl, sur la rive opposée, transformant le Rhin en une barrière impénétrable tout en gardant une tête de pont vers l’Est.
Le Palais Rohan : une demeure impériale
C’est Napoléon qui a véritablement redonné vie au palais Rohan après les troubles de la Révolution.
- Il en fait une résidence impériale officielle.
- Joséphine de Beauharnais y séjourne longuement pendant que l’Empereur est sur les champs de bataille. On peut encore visiter aujourd’hui la chambre de l’Impératrice, décorée avec le faste de l’époque.
- En 1810, c’est à Strasbourg que Napoléon accueille sa nouvelle épouse, Marie-Louise d’Autriche, qui y fait sa première étape en terre française.
La rencontre avec Marie-Louise (1810)
Cet événement est l’un des moments les plus fastueux de l’histoire de la ville.
- Pour l’arrivée de la nouvelle impératrice, un arc de triomphe colossal est érigé.
- Des fêtes nautiques sont organisées sur l’Ill. Strasbourg devient, l’espace de quelques jours, le centre du monde où se croisent rois et princes d’Europe venus saluer l’alliance entre la France et l’Autriche.
L’empreinte urbaine : le quai Lezay-Marnésia
Napoléon nomme un préfet de choc à Strasbourg : Adrien de Lezay-Marnésia. Ensemble, ils transforment la ville :
- Aménagements : création de nouveaux quais, plantation de milliers d’arbres (notamment l’allée de la Robertsau).
- L’Orangerie : bien que commencé avant, le parc de l’Orangerie est achevé pour plaire à Joséphine. On y construit le pavillon Joséphine pour abriter les orangers confisqués lors de la Révolution.
Une fidélité indéfectible
L’Alsace était l’une des régions les plus « bonapartistes » de France.
- Napoléon appréciait le courage des soldats alsaciens. Plusieurs de ses généraux les plus célèbres étaient strasbourgeois ou alsaciens, comme le général Kléber (bien que Napoléon ait eu des relations tendues avec lui) ou le maréchal Lefebvre.
- En 1815, lors des Cent-Jours, Strasbourg se rallie à lui avec une rapidité qui inquiétera beaucoup Louis XVIII par la suite.

Restauration (1815–1830)
Louis XVIII
Louis XVIII : monarchie constitutionnelle, parlement bicaméral
Strasbourg : ville de garnison, surveillance politique accrue
Surnommé « le Désiré » par les royalistes, il revient en France lors de la Restauration qui suit la chute de l’empereur Napoléon Iᵉʳ. Il est brièvement renversé durant les Cent-Jours, puis revient à nouveau au pouvoir après la bataille de Waterloo, installant pour la première fois en France un régime parlementaire, certes tempéré par un très strict suffrage censitaire.
Louis XVIII n’a jamais visité Strasbourg en tant que roi. Pourtant, son règne (1814-1824) a été absolument crucial pour la ville, car c’est sous son autorité que Strasbourg a dû apprendre à redevenir « royale » après les années de ferveur napoléonienne.
1814-1815 : Une ville sous haute surveillance
À la chute de Napoléon, Strasbourg est une ville profondément marquée par l’Empire et la présence militaire. Pour Louis XVIII, la priorité est de s’assurer de la fidélité de cette place forte stratégique.
- Le drapeau blanc : le retour des Bourbons impose le remplacement du drapeau tricolore par le drapeau blanc. À Strasbourg, ce changement est accueilli avec froideur, voire hostilité, par une partie de la garnison.
- L’épisode des Cent-Jours : En 1815, au retour de Napoléon, Strasbourg bascule immédiatement du côté de l’Empereur. Après la défaite de Waterloo, Louis XVIII doit reprendre la main sur une ville qui lui a « désobéi ».
La « Terreur Blanche » et la reprise en main
Après 1815, Louis XVIII doit stabiliser la région.
- Il nomme des préfets et des commandants militaires (comme le maréchal Victor) chargés de purger l’administration et l’armée des éléments bonapartistes trop zélés.
- C’est une période de tension : Strasbourg est occupée par les troupes étrangères (autrichiennes et russes) jusqu’en 1818, dans le cadre des traités de paix. Louis XVIII travaille activement à obtenir la fin de cette occupation pour restaurer la souveraineté française.
La réorganisation de la ville
Même s’il ne vient pas sur place, Louis XVIII signe des décrets qui modifient le visage de la cité :
- L’Université : c’est sous son règne, en 1823, que les facultés sont réorganisées. Le roi cherche à encadrer la jeunesse étudiante strasbourgeoise, jugée trop libérale et influencée par les idées venues d’Allemagne.
- Le commerce : il favorise la reprise des échanges sur le Rhin, qui avaient été paralysés par les guerres impériales.
Le Palais Rohan, qui avait été transformé en résidence impériale par Napoléon (qui y a séjourné plusieurs fois avec Joséphine puis Marie-Louise), redevient un palais royal. On y réinstalle les appartements pour la famille royale dans l’espoir d’une visite qui ne se produira jamais.

et de Navarre du 6 avril 1814 au 20 mars 1815 puis du 8 juillet 1815 à sa mort,
le 16 septembre 1824, à Paris.
Charles X
Charles X : conservatisme, renversement par la Révolution de Juillet 1830
Le point d’orgue de sa relation avec la ville est son voyage officiel en septembre 1828. C’est une expédition grandiose visant à renforcer la popularité du roi dans les provinces de l’Est.
- L’entrée solennelle : le 3 septembre 1828, Charles X entre à Strasbourg par la porte de Saverne sous les acclamations. La ville a été transformée : des arcs de triomphe éphémères sont dressés, et les façades sont richement décorées.
- La vie au Palais : le roi s’installe au palais Rohan. Durant son séjour, il multiplie les réceptions, les bals et les audiences, cherchant à séduire la bourgeoisie et l’aristocratie alsacienne.
- La revue militaire : passionné par l’armée, il passe en revue plus de 20 000 hommes sur le polygone de Neudorf. La puissance militaire de Strasbourg, « bouclier de la France », est alors célébrée avec faste.
Le Roi à la Cathédrale : un symbole fort
Fervent catholique, Charles X accorde une importance capitale à la dimension religieuse.
- Il assiste à un Te Deum solennel à la cathédrale Notre-Dame.
- Ce passage marque les esprits car il symbolise l’alliance du « Trône et de l’Autel », pilier de son idéologie politique. La flèche de la cathédrale est illuminée le soir en son honneur, un spectacle alors rarissime et techniquement complexe pour l’époque.
Les cadeaux et héritages
Pour remercier la ville de son accueil, Charles X fait plusieurs gestes significatifs :
- Le Théâtre municipal : il visite le chantier de l’actuel Opéra de Strasbourg (place Broglie), qui était en reconstruction après un incendie. Il accorde des subventions royales pour achever les travaux (le bâtiment sera inauguré peu après, en 1830).
- La manufacture de tabac : il visite également les institutions industrielles, montrant un intérêt pour le développement économique local, bien que son image reste celle d’un roi d’Ancien Régime.
Une popularité fragile
Si le voyage de 1828 est un succès de façade, la situation politique est plus complexe.
- Strasbourg est déjà une ville de tradition libérale et protestante, parfois méfiante envers l’ultraroyalisme de Charles X.
- L’enthousiasme des Strasbourgeois en 1828 s’essouffle vite : moins de deux ans plus tard, lors de la Révolution de Juillet (1830), la ville bascule très rapidement du côté des insurgés, remplaçant le drapeau blanc des Bourbons par le drapeau tricolore.

Monarchie de Juillet (1830 – 1848)
Louis-Philippe Iᵉʳ : monarchie bourgeoise libérale
Strasbourg : développement économique, début industrialisation
Peu après son accession au trône, Louis-Philippe entreprend un grand voyage dans l’Est de la France en juin 1831.
- L’accueil : il arrive à Strasbourg le 18 juin. L’accueil est enthousiaste car il incarne alors une « monarchie citoyenne ». Il passe en revue la Garde nationale sur la place Kléber.
- Le symbole : pour marquer son passage, il pose la première pierre du monument à Gutenberg (qui ne sera achevé qu’en 1840). C’est un geste fort : honorer l’imprimerie et la diffusion du savoir plutôt que la seule gloire militaire.

peint par Franz Xavier Winterhalter dit « le Roi-Citoyen »,
né le 6 octobre 1773 à Paris et mort le 26 août 1850
à Claremont House, Surrey, est le dernier roi à avoir régné
en France, entre 1830 et 1848, avec le titre de roi des Français.
Révolution de 1848
IIᵉ République, figures : Alphonse de Lamartine
Strasbourg : agitation politique, montée des idées démocratiques
Lamartine a été, comme beaucoup de romantiques, fasciné par la cathédrale Notre-Dame de Strasbourg. Il imagine un avenir où Strasbourg ne serait plus une place forte militaire, mais le centre d’une Europe fraternelle. Il y écrit :
« Le Rhin est une route et non une barrière. »
L’homme d’État de 1848
Lorsqu’il devient chef du gouvernement provisoire après la Révolution de 1848, Lamartine doit gérer la symbolique de Strasbourg.
- C’est lui qui veille à ce que la transition républicaine se fasse sans heurts en Alsace.
- Il considère Strasbourg comme le laboratoire de l’unité nationale, où l’identité alsacienne et les valeurs républicaines doivent fusionner.

Louis-Napoléon Bonaparte (élu président en décembre 1848, 74 % des voix)
Il est à la fois l’unique président de la Deuxième République, le premier chef d’État français élu au suffrage universel masculin le 10 décembre 1848, le premier président de la République française et, après la proclamation de l’Empire le 2 décembre 1852, le dernier monarque du pays en tant qu’empereur des Français sous le nom de Napoléon III.
Le fiasco de 1836 : sa première tentative de coup d’État
Le 30 octobre 1836, celui qui n’est encore que Louis-Napoléon Bonaparte débarque clandestinement à Strasbourg. Son plan est ambitieux : soulever la garnison, marcher sur Paris et renverser le roi Louis-Philippe, à l’image du retour de l’île d’Elbe de son oncle.
- Le déroulement : avec la complicité du colonel Vaudrey, il se présente à la caserne d’artillerie (place d’Austerlitz). Les premiers soldats sont enthousiastes, mais l’aventure tourne court à la caserne Finkmatt. Le prince est arrêté en quelques heures.
- Le résultat : C’est un échec total sur le plan militaire, mais une victoire médiatique. Louis-Philippe l’exile aux États-Unis, tandis que ses complices sont jugés et acquittés par un jury strasbourgeois sous les acclamations de la foule, déjà nostalgique de l’Empire.
Second Empire (1852 – 1870)
Le triomphe de 1852 : L’inauguration du chemin de fer
Devenu « Prince-Président » (juste avant de redevenir Empereur), il revient à Strasbourg en juillet 1852 pour inaugurer la ligne de chemin de fer Paris-Strasbourg.
Strasbourg devient une porte d’entrée stratégique pour son influence vers l’est et l’Allemagne. Ce voyage est un tournant : c’est ici qu’on entendrait pour la première fois les cris de « Vive l’Empereur ! » au lieu de « Vive la République ! ».
L’achèvement du canal de la Marne au Rhin.

Napoléon III : autoritaire puis libéral
Urbanisation, modernisation des infrastructures, forte croissance démographique
Français dominant dans écoles et administration, alsacien toujours majoritaire
Empire allemand (1871–1918)
Après-guerre franco-prussienne : Reichsland Alsace-Lorraine
Langues : allemand officiel, français marginalisé, alsacien courant
Forte germanisation administrative

France (1918 – 1940)
Retour à la France, IIIᵉ République
Français imposé à l’école, alsacien usage familial, recul de l’allemand
Allemagne nazie (1940 – 1944)
Annexion de fait, dictature totalitaire
Allemand obligatoire, français interdit
France contemporaine (1945 – aujourd’hui)
IVᵉ puis Vᵉ République
Langues : français officiel, alsacien en déclin, allemand culturel, langues internationales (anglais…)
Strasbourg : siège du Conseil de l’Europe et du Parlement européen.

