Château de l’Île Jars

Plan du quartier de 1755 - réalisé par Baudouin, Charles-Denis (1683-1757). Cartographe.
Plan du quartier de 1755 – réalisé par Baudouin, Charles-Denis (1683-1757). Cartographe
L'île Jars qui ne s'appelait pas encore le Tivoli. On distingue le château de l'île Jars avec sa ferme et un bâtiment pour le rangement des outils de la ferme. La boucle de l'Aar en haut à droite et le parc en bas à gauche. Le serpentin était une zone inondable en hiver pour faire du patin à glace. Plan de 1836.
L’île Jars qui ne s’appelait pas encore le Tivoli. On distingue le château de l’île Jars avec sa ferme et un bâtiment pour le rangement des outils de la ferme. La boucle de l’Aar en haut à droite et le parc en bas à gauche. Le serpentin était une zone inondable en hiver pour faire du patin à glace. Plan de 1836.

Maria-Anna Klinglin – Antoine D’ANDLAU

Portrait de Maria Anna Klinglin.
Maria Anna Klinglin

La comtesse de Lutzelbourg Marie-Ursule de Klinglin

1750 ~
Source : Gallica : btv1b102247538
Blason de la famille de Lutzelbourg
D’argent à la fasce de gueules accompagnée de trois fleurs de lys d’azur.

Fille de Jean-Baptiste de Klinglin et de Dorothée Günter. ∞ par contrat du 29 octobre 1704 à Strasbourg Walther de Lutzelbourg † 1736), capitaine de cavalerie de Furstenberg pour le service du roi, puis lieutenant-colonel du régiment Royal-Allemand.

Correspondante régulière de Voltaire à partir de 1753, qu’elle avait rencontré après son voyage à Fontainebleau en 1725, elle l’accueillit plusieurs fois chez elle à l’Île-Jars, à Strasbourg, où elle s’est retirée.

Amie du roi Stanislas Leszczinski, elle eut ses entrées à la cour de Versailles après le mariage de Louis XV et entretint une correspondance avec Mme de Pompadour pendant quinze ans. Elle a aussi été identifiée récemment comme correspondante de Montesquieu.

Carte postale de la ferme habitée par Voltaire en 1753-1754.
Lettre de Madame la Comtesse de Lutzelbourg du 21 novembre 1753 au Président de MONTESQUIEU
Rare texte avec l'écriture manuscrite de la Comtesse de Lutzelbourg.
Lettre de Madame la Comtesse de Lutzelbourg du 21 novembre 1753 au Président de MONTESQUIEU
Rare texte avec l’écriture manuscrite de la Comtesse de Lutzelbourg.

Adresse avec cachet de cire brune.
Au président de MONTESQUIEU

Illkirch, 13 juin [1736]

«Il vaut mieux tard que jamais songer aux absents. Tous mes amis vous auront dit mes plaintes de ne pas antendre parler de vous. […] Scait peu estre le sort des lettres de geans distrait de courir le peys. Pour moi je nes estés que de Sarbourg à Strasbourg je suis icy depuis trois semaine chez mon frere qui nen est qua une lieu dans une maison charmante par sa situation une riviere au bas de la maison qui tourne autour du jardin laquel lon voit de partout, des fosés de la plus belle eau du monde une veu charmante dun costes une chaine de montagne de lautre une grande pleine et la ville de Strasbourg. Jy menne une vie libre comode de toutes sortes de chasse bonne chere exelent vin de Champagne joignez à tout cela la douceur destre avec un frere que jaime auquel jay des obligations infinie dans toute mes afaire»…

Elle se plaint du comte d’Egmont avec qui elle rompt :

« Je ne veux point dun amis qui prefere un fourneau à ses amies. […] Je croy Mde de Boufflers bien charmée des refus que les odeurs luy ont procurés ».

Son frère va envoyer au duc de Bourbon à Chantilly un loup-cervier… Elle évoque encore Mme de Saint-Germain dont les charmes retiennent Montesquieu à Paris, le prince de Conti, la danseuse Camargo, le roi Stanislas, la reine d’Espagne, la mort du Prince Eugène.1

Madame de Pompadour par Charles André Van Loo.
Madame de Pompadour par Charles André Van Loo.

À Madame la comtesse de Lutzelbourg

Ferney, 10 mars 1761

« Pour Dieu, madame, envoyez-moi le portrait de Mme de Pompadour ; j’aimerais mieux avoir le vôtre, mais vous ne voulez pas vous faire peindre ; il faut faire quelque chose pour ses amis, madame. Si vous n’avez pas de copiste à Strasbourg, osez me confier l’original. J’ai de la probité, je suis exact, je ne le garderai pas quinze jours. Faites-moi cette petite faveur, je vous en conjure. »

Voltaire

À Madame la comtesse de Lutzelbourg

Ferney, 11 octobre 1761

Je reçois, madame, le portrait de Mme de Pompadour. Il me manque des yeux pour le voir ; mais j’en trouve encore pour conduire ma plume et pour vous remercier. Je perds la vue, madame ; je ne vois pas ce que je vous écris. Songez que vous avez des yeux et un estomac. Conservez-les. Souvenez-vous de ma Genevoise qui a cent trois ans, et qui vient de se tirer d’une hydropisie. Imitez-la. Priez pour moi quelque saint, afin que je puisse venir vous faire ma cour et vous embrasser l’année prochaine. J’ai reçu le même jour des reliques de Rome pour une église que je fais bâtir, et le portrait de Mme de Pompadour. Me voilà très bien pour ce monde-ci et pour l’autre.

Adieu, madame ; je vous suis attaché avec le plus tendre respect jusqu’au dernier moment.

Voltaire

« J’ai reçu vos lettres, grand’femme, et celles de votre fils ; elles m’ont fait grand’plaisir. Je lui cherche toujours une moitié, et je voudrais bien que l’hiver ne se passât pas sans l’avoir mis
en ménage.
Je vous remercie de vos étoffes, je suis dans la réforme, et d’une sagesse qui me surprend moi-même. J’ai vendu mon nœud de diamans pour payer des dettes ; cela n’est-il pas beau ?
Vous allez dire que je suis comme Cicéron qui n’avoit pas besoin des autres pour être loué ; je vous dirai pourtant avec franchise que je ne le mérite pas, car ce sacrifice m’a peu coûté.
Bonsoir, grand’femme, je vous embrasse de tout mon cœur. »

Madame de Pompadour

« L’arrangement utile qui vient d’être fait pour le service du Roy, grand’femme, prive votre fils d’un revenu honnête, mais S. M. en même temps, lui donne une gratification pour attendre d’autres grâces ; c’est une marque de bonté très flatteuse. »
Le maréchal ne peut faire ce que vous désirez pour votre neveu. À l’égard de vos eaux, il m’a assuré que vous les auriez sans qu’il vous en coûtât rien.

Vos lottes avoient la meilleure mine du monde ; je n’en ai pas mangé parce que je fais gras, à cause du lait d’ânesse que je prends depuis quatre mois.

La bataille m’a fait un grand plaisir. M. de Soubise avoit si bien placé ses quartiers et choisi un si bon champ de bataille à Berghen, que nous ne pouvions être battus. Mon seul regret est qu’il n’y ait pas été, et que le Roy l’ait retenu auprès de sa personne.

Ne vous tourmentez pas du voyage de Lyon, il n’y a nul risque pour moi. Si la confiance dont le Roy m’honore n’étoit pas à l’abri de quinze jours d’absence, elle seroit bien mal
établie, et je ne pourrois en être flattée. J’irai pendant ce temps me reposer dans mon écurie de Saint-Ouen.

Vous n’aurez pas encore ce portrait de quelque temps ; Vanloo l’habille pour le salon de la Saint-Louis, et ce n’est pas une petite affaire.

Bonsoir, grand’femme, je vous embrasse de tout mon cœur. »

Madame de Pompadour

Dessin de Frédéric Piton vers 1855.

Louis Georges Érasme, maréchal de Contades

Louis Georges Érasme, Maréchal de Contades

C’est Marie-Antoinette, d’origine autrichienne, qui met à la mode le patinage sur glace. Sous le règne de Louis XVI, le patinage devient une distraction à la mode dans les hautes sphères de la société. Le bassin, à l’origine destiné aux militaires, est transformé en hiver en patinoire. On retrouve sur le plan de 1755 le plan d’eau à côté du château.

Charles-Gustave de Falkenhayn – baron (1724 – après 1793)

Son passage au château s’inscrit donc dans la période immédiatement postrévolutionnaire, entre le départ du maréchal de Contades (1788) et l’achat par Pasquay (vers 1789). En tant que lieutenant général résidant à Strasbourg et chef de la 2ᵉ division en Alsace, Falkenhayn était un personnage de premier plan dans la ville, ce qui explique naturellement qu’il ait pu occuper ou détenir cette propriété de prestige.

Jean-Nicolas PASQUAY

Famille de Caroline SCHERTZ

Charles Schutzenberger – Schutzenbergerschloss

Journal Feuille de Provins du 17 septembre 1870

Charles Schützenberger fera reconstruire la maison dans le cadre des dommages de guerre vers 1876 dans un style français avec des toits à la Mansart. Les règles strictes établies pour les constructions du quartier obligent l’architecte à construire la maison en structure de bois avec des poutres de 10 × 10 centimètres. La guerre de 1970 avait laissé des traces et les autorités voulaient pouvoir raser ce qu’ils considéraient comme une zone de protection de la ville de Strasbourg.

Le Progrès religieux du 10 mars 1883

C’est sans doute en octobre 1900, suite à la vente de la campagne Schützenberger, que la maison fut renommée « Villa Voltaire ».

Paul Schutzenberger

Habite la maison entre 1881 et 1899,
neveu de Charles, professeur de chimie, membre de l’Académie des sciences.

Paul Schöttle et Anna Schöttle

Suite page Villa Voltaire


[1] Klinglin Maria Anna, née en 1684 – décédée le 11 août 1734.
Père : Klinglin Jean-Baptiste
Mère : Günther Dorothea
Conjoint : Andlau (d’) Anton et Léonor Marie du Maine, né en 1659 – décédé le 4 janvier 1730
https://gw.geneanet.org/frebault?lang=fr&n=klinglin&p=maria+anna

[2] Léonor Marie du Maine, né le 14 septembre 1655 à Changy et décédé le 15 janvier 1739 à Strasbourg, comte du Bourg, baron de l’Espinasse, est un militaire français, maréchal de France en 1724.
https://fr.wikipedia.org/wiki/L%C3%A9onor_Marie_du_Maine_du_Bourg

[3] Marie-Ursule de Klinglin est la deuxième fille de Jean-Baptiste de Klinglin, préteur royal de Strasbourg et membre du corps de la noblesse d’Alsace. Elle épouse Walter de Lutzelbourg, seigneur d’Altorf, lieutenant-colonel de cavalerie au régiment Royal-allemand.

[4] Voltaire, de son vrai nom François-Marie Arouet, né le 21 novembre 1694 à Paris où il y meurt le 30 mai 1778, est un écrivain et philosophe français, jouissant de son vivant d’une célébrité internationale et considéré aujourd’hui comme figure emblématique et centrale des Lumières.

[5] Source : Gallica – Voltaire (1694-1778). Correspondance / Voltaire ; avec préfaces, avertissements, notes, etc. par M. Beuchot. 1830-1834 – Tome LVI Correspondance tome VI

[6] Nom que donne Voltaire à sa maison de Genève dans le quartier de Saint-Jean, non loin du Rhône.

  1. Source : https://www.lebrech-associes.com/lot/13723/2647443-marie-ursule-de-klinglin-comtesse-de-lutzelbourg-1683-1765 ↩︎
  2. L’orthographe exacte du nom de l’inventeur du pâté de foie gras a changé avec les recherches faites à son sujet. Son vrai nom était Pierre Claude, et non Jean-Pierre Clause comme indiqué sur son acte mortuaire.
    — Il n’était pas Normand, mais Lorrain, né à Dieuze en 1757.
    Histoire de Claude
    Pierre Claude débuta comme petit gâte-sauce dans une auberge d’Évreux, ce qui lui fit attribuer une origine normande. Il vint ensuite à Paris avec son oncle, Nicolas Dumoulin, qui le fit admettre parmi les gens du comte d’Artois.
    En 1765, attiré à Strasbourg par son frère aîné, pâtissier, il devint premier cuisinier du maréchal de Contades, gouverneur de l’Alsace. C’est entre 1779 et 1783 que Claude eut l’idée de confectionner le pâté de foie gras dit « à la Contades ».
    Le 10 février 1784, Claude épousa Marie-Anne Maring, veuve d’un pâtissier, et s’établit à son compte. Il s’inscrivit à la corporation des pâtissiers le 28 février 1784.
    La création de Claude, le pâté de foie gras, connut un succès immédiat et fit sa réputation. Aujourd’hui, la gloire de Claude éclipse celle du maréchal de Contades, pour qui il avait créé ce plat devenu emblématique de la gastronomie française. ↩︎
  3. Charles Schützenberger, né le 1ᵉʳ février 1809 à Strasbourg et mort le 22 septembre 1881 dans la même ville, est un médecin alsacien, professeur à la faculté de médecine de Strasbourg. Professeur agrégé en 1834, chef de clinique l’année suivante, professeur de clinique médicale en 1845, il se livra à l’enseignement pendant trente-cinq ans, avec un zèle et un courage qui ne se sont jamais démentis, malgré les souffrances causées par une cruelle infirmité. Schützenberger était un clinicien hors ligne et un réformateur. Sa clinique, l’une des premières en France, a réalisé l’association journalière des études cliniques et des recherches d’anatomie et d’histologie pathologiques.
    C’est sous sa responsabilité que fut faite, à Strasbourg, la première ovariotomie. Ouvrages principaux Fragments d’études pathologiques et cliniques
    (Paris, 1879, gr. in-8, 15 pl.) Fragments de philosophie médicale.
    Leçons d’introduction aux études cliniques. (Paris, 1879, gr. in-8). Dr L. Hx.
    La Grande Encyclopédie : inventaire raisonné des sciences, des lettres et des arts. Tome 29 / par une société de savants et de gens de lettres ; sous la dir. de MM. Berthelot ↩︎
  4. Revue alsacienne du 1877-01-01 – Source : Gallica – bpt6k9661216s ↩︎

Site d’Antoine WENDLING : https://www.antoinewendling.eu