

Maria-Anna Klinglin – Antoine D’ANDLAU

Le château de l’île Jars a été construit vers 1714, commandité par Maria-Anna Klinglin[1]. Mariée à Antoine D’Andlau le 3 mars 1700, elle aura sept enfants de cette union. Son époux décède le 4 janvier 1730.
Elle se remarie le 20 octobre 1731 à Strasbourg à l’église Saint-Pierre-le-Jeune avec Léonor Marie du Maine du Bourg [2]. Il a 76 ans, elle en a 47. Léonor Marie du Maine du Bourg meurt le 15 janvier 1739. Devenue une seconde fois veuve, elle vend à sa sœur le château de l’Île Jars cinq ans après le décès de son mari.
La comtesse de Lutzelbourg Marie-Ursule de Klinglin
Marie-Ursule de Klinglin[3], épouse en 1704 Walter de Lutzelbourg, seigneur de Daltros.
La comtesse de Lutzelbourg Marie-Ursule de Klinglin [1683-1765], sœur de Maria-Anna Klinglin, a acquis le château de l’île Jars en 1744.

Source : Gallica : btv1b102247538
De cette union naîtra Antoine Joseph de Lützelbourg et
Marie François Joseph Walter [1707-1762], comte de Lutzelbourg.

D’argent à la fasce de gueules accompagnée de trois fleurs de lys d’azur.
La comtesse est veuve en 1736.
Elle reçoit Voltaire [4] [1694-1778] au château de l’île Jars en 1753.
Fille de Jean-Baptiste de Klinglin et de Dorothée Günter. ∞ par contrat du 29 octobre 1704 à Strasbourg Walther de Lutzelbourg † 1736), capitaine de cavalerie de Furstenberg pour le service du roi, puis lieutenant-colonel du régiment Royal-Allemand.
Correspondante régulière de Voltaire à partir de 1753, qu’elle avait rencontré après son voyage à Fontainebleau en 1725, elle l’accueillit plusieurs fois chez elle à l’Île-Jars, à Strasbourg, où elle s’est retirée.
Amie du roi Stanislas Leszczinski, elle eut ses entrées à la cour de Versailles après le mariage de Louis XV et entretint une correspondance avec Mme de Pompadour pendant quinze ans. Elle a aussi été identifiée récemment comme correspondante de Montesquieu.
Un petit mot de Voltaire à la comtesse de Lutzelbourg juste avant son arrivée au château de l’île « Jard » comme l’écrit Voltaire.
« Madame la comtesse de Lutzelbourg croit donc qu’on peut arriver de Kehl chez elle. Non, madame, il n’y a pas de chemin. Mais il y en aura un aujourd’hui pour me mener chez vous, pour y jouir du repos et du charme de votre conversation. Je compte, madame, venir vous présenter mes respects entre six et sept heures, et j’espère vous trouver en bonne santé. Je me meurs d’envie de vous faire ma cour. » [5]
« Voltaire, après être resté cinq jours à l’auberge de l’Ours-Blanc, à Strasbourg, alla s’installer, avec son fidèle secrétaire, le 21 août, dans la petite maison dont il parle ici, et ils y restèrent jusqu’au 2 octobre suivant. »

Son fils François Walter, comte de Lutzelbourg, sera nommé maréchal de camp le 1ᵉʳ janvier 1748 et lieutenant général des armées du roi le 17 décembre 1759.
Correspondance de Voltaire
À Madame la comtesse de Lutzelbourg
« Auprès de Strasbourg, le 22 août 1754
La destinée, Madame, qui joue avec les pauvres humains comme avec des balles de paume, m’a amenée dans votre voisinage, à la porte de Strasbourg. Je suis dans une petite maisonnette appartenant à madame Léon, condamnée par M. Gervasi aux racines et aux cloportes, et, pour comble de malheur, privée de la consolation de vous revoir. J’apprends que vous êtes chez Mme la comtesse de Rosen ; mon premier soin est de vous y adresser les vœux qu’un ancien ami fait du fond de son cœur pour la fin de toutes vos peines. J’ai plus d’un titre pour vous faire agréer les sincères témoignages de ma sensibilité pour tout ce qui vous touche ; je suis un de vos plus anciens serviteurs, et je ne suis pas mieux traité que vous par la méchanceté des hommes. Cette vie-ci n’est qu’un jour ; le soir devrait du moins être sans orages, et il faudrait pouvoir s’endormir paisiblement. Il est affreux de finir au milieu des tempêtes une si courte et si malheureuse carrière. Ce serait pour moi, madame, une satisfaction bien consolante de pouvoir vous entretenir, de vous parler de nos anciens amis (s’il est des amis), et de vous renouveler tous les sentiments qui m’ont toujours attaché à vous, malgré une si longue séparation. Que de choses nous avons vues, madame, et que de choses nous aurions à nous dire ! Nous rappellerions tout ce que le temps a fait évanouir, et un peu de philosophie adoucirait les maux présents.
Je ne connais guère de vos anciens amis que M. des Alleurs, qui ait eu un bon lot, parce qu’il est chez les Turcs, chez qui je ne crois pas qu’il y ait tant d’infidélité et tant de malice noire et raffinée que chez les chrétiens.
Adieu, madame, recevez avec vos premières bontés les assurances du respectueux et tendre attachement de votre ancien courtisan, qui désire passionnément l’honneur et la consolation de vous voir, et qui vous écrit, comme autrefois, sans cérémonie. »
Voltaire
François Walter, comte de Lutzelbourg, décède le 17 janvier 1762, à Fulde, où il commandait. Les tensions géopolitiques de cette période, avec la rivalité franco-autrichienne et l’émergence de la Prusse comme puissance majeure, constituaient le cadre dans lequel François Walter exerçait ses fonctions. La guerre de Sept Ans (1756-1763), conflit global qui opposait notamment la France, l’Autriche et la Russie à la Prusse et à la Grande-Bretagne, battait son plein à ce moment-là. Ce contexte explique sa présence à Fulda, qui devait avoir une importance stratégique dans les opérations militaires en Allemagne centrale. Sa mort en janvier 1762, un an avant la fin officielle du conflit marquée par le traité de Paris (février 1763), s’inscrit donc dans une période trouble de l’histoire européenne.
Lettre de Voltaire en apprenant la nouvelle de la mort de son fils François Walter, comte de Lutzelbourg.
« 4841. — À MADAME LA COMTESSE DE LUTZELBOURG.
Aux Délices[6], 14 février 1762
J’apprends, madame, par les nouvelles publiques, une nouvelle que je ne veux pas croire : les gazettes sont souvent très mal informées ; mais s’il y a quelques fondements à ce funeste bruit, souffrez, madame, que je mêle ma douleur à la vôtre[1]. Je suis encore très-incertain. Je ne peux que me borner à vous dire combien je m’intéresse à vos peines, si vous en avez, et à la douceur de votre vie, si elle n’est point troublée. Votre expérience et votre bon esprit vous ont appris que la vie est bien peu de chose, et qu’il faut au moins en jouir, puisque ce peu est tout ce que nous avons. Quelques malheurs qui nous arrivent, et quelques pertes qu’on fasse, la philosophie doit venir à notre secours, et la sensibilité de nos amis est de quelques consolations. Si la nouvelle est malheureusement vraie, je voudrais être près de vous dans le nombre de ceux dont l’amitié vous console. Vivez, madame, et continuez de devoir votre santé à votre régime. Nous avons dans mon voisinage de Genève une femme qui a cent quatre ans passés et qui gouverne très-bien toute sa famille. Ses règles lui sont revenues à cent-deux ans. Mais elle n’a pas voulu se remarier. Voilà l’exemple que je vous propose. Adieu, madame. Daignez agréer le tendre intérêt que je prends à vous, mon attachement et mon respect. »
« Ces lettres, comme en général toute la correspondance de Voltaire, honorent bien plus son esprit que son cœur. »
M. Miller, les éditions de l’imprimerie de Gillé – 1812
La comtesse de Lutzelbourg a également une correspondance avec Montesquieu et Madame de Pompadour.

Rare texte avec l’écriture manuscrite de la Comtesse de Lutzelbourg.
Adresse avec cachet de cire brune.
Au président de MONTESQUIEU
Illkirch, 13 juin [1736]
«Il vaut mieux tard que jamais songer aux absents. Tous mes amis vous auront dit mes plaintes de ne pas antendre parler de vous. […] Scait peu estre le sort des lettres de geans distrait de courir le peys. Pour moi je nes estés que de Sarbourg à Strasbourg je suis icy depuis trois semaine chez mon frere qui nen est qua une lieu dans une maison charmante par sa situation une riviere au bas de la maison qui tourne autour du jardin laquel lon voit de partout, des fosés de la plus belle eau du monde une veu charmante dun costes une chaine de montagne de lautre une grande pleine et la ville de Strasbourg. Jy menne une vie libre comode de toutes sortes de chasse bonne chere exelent vin de Champagne joignez à tout cela la douceur destre avec un frere que jaime auquel jay des obligations infinie dans toute mes afaire»…
Elle se plaint du comte d’Egmont avec qui elle rompt :
« Je ne veux point dun amis qui prefere un fourneau à ses amies. […] Je croy Mde de Boufflers bien charmée des refus que les odeurs luy ont procurés ».
Son frère va envoyer au duc de Bourbon à Chantilly un loup-cervier… Elle évoque encore Mme de Saint-Germain dont les charmes retiennent Montesquieu à Paris, le prince de Conti, la danseuse Camargo, le roi Stanislas, la reine d’Espagne, la mort du Prince Eugène.1

Les lettres de Madame de Pompadour adressées à la comtesse de Lutzelbourg témoignent d’une relation empreinte de confiance et d’intimité entre les deux femmes. Madame de Pompadour appelait affectueusement la comtesse « Grand’femme », un surnom révélateur de l’estime qu’elle lui portait. Cette proximité n’est pas étrangère à l’abondante correspondance échangée entre Voltaire et Madame de Lutzelbourg. En disgrâce auprès du roi, Voltaire voyait en la comtesse une intermédiaire précieuse pour se rapprocher des cercles du pouvoir. À plusieurs reprises, il alla jusqu’à solliciter de sa part un portrait de Madame de Pompadour, dans l’intention d’en faire exécuter une copie. Ce geste, plus que symbolique, montre à quel point l’image de la favorite royale lui semblait essentielle dans sa stratégie de reconquête politique.
À Madame la comtesse de Lutzelbourg
Ferney, 10 mars 1761
« Pour Dieu, madame, envoyez-moi le portrait de Mme de Pompadour ; j’aimerais mieux avoir le vôtre, mais vous ne voulez pas vous faire peindre ; il faut faire quelque chose pour ses amis, madame. Si vous n’avez pas de copiste à Strasbourg, osez me confier l’original. J’ai de la probité, je suis exact, je ne le garderai pas quinze jours. Faites-moi cette petite faveur, je vous en conjure. »
Voltaire
À Madame la comtesse de Lutzelbourg
Ferney, 11 octobre 1761
Je reçois, madame, le portrait de Mme de Pompadour. Il me manque des yeux pour le voir ; mais j’en trouve encore pour conduire ma plume et pour vous remercier. Je perds la vue, madame ; je ne vois pas ce que je vous écris. Songez que vous avez des yeux et un estomac. Conservez-les. Souvenez-vous de ma Genevoise qui a cent trois ans, et qui vient de se tirer d’une hydropisie. Imitez-la. Priez pour moi quelque saint, afin que je puisse venir vous faire ma cour et vous embrasser l’année prochaine. J’ai reçu le même jour des reliques de Rome pour une église que je fais bâtir, et le portrait de Mme de Pompadour. Me voilà très bien pour ce monde-ci et pour l’autre.
Adieu, madame ; je vous suis attaché avec le plus tendre respect jusqu’au dernier moment.
Voltaire
Lettre de 1759
« J’ai reçu vos lettres, grand’femme, et celles de votre fils ; elles m’ont fait grand’plaisir. Je lui cherche toujours une moitié, et je voudrais bien que l’hiver ne se passât pas sans l’avoir mis
en ménage.
Je vous remercie de vos étoffes, je suis dans la réforme, et d’une sagesse qui me surprend moi-même. J’ai vendu mon nœud de diamans pour payer des dettes ; cela n’est-il pas beau ?
Vous allez dire que je suis comme Cicéron qui n’avoit pas besoin des autres pour être loué ; je vous dirai pourtant avec franchise que je ne le mérite pas, car ce sacrifice m’a peu coûté.
Bonsoir, grand’femme, je vous embrasse de tout mon cœur. »
Madame de Pompadour
Lettre du 6 mai 1759
« L’arrangement utile qui vient d’être fait pour le service du Roy, grand’femme, prive votre fils d’un revenu honnête, mais S. M. en même temps, lui donne une gratification pour attendre d’autres grâces ; c’est une marque de bonté très flatteuse. »
Le maréchal ne peut faire ce que vous désirez pour votre neveu. À l’égard de vos eaux, il m’a assuré que vous les auriez sans qu’il vous en coûtât rien.Vos lottes avoient la meilleure mine du monde ; je n’en ai pas mangé parce que je fais gras, à cause du lait d’ânesse que je prends depuis quatre mois.
La bataille m’a fait un grand plaisir. M. de Soubise avoit si bien placé ses quartiers et choisi un si bon champ de bataille à Berghen, que nous ne pouvions être battus. Mon seul regret est qu’il n’y ait pas été, et que le Roy l’ait retenu auprès de sa personne.
Ne vous tourmentez pas du voyage de Lyon, il n’y a nul risque pour moi. Si la confiance dont le Roy m’honore n’étoit pas à l’abri de quinze jours d’absence, elle seroit bien mal
établie, et je ne pourrois en être flattée. J’irai pendant ce temps me reposer dans mon écurie de Saint-Ouen.Vous n’aurez pas encore ce portrait de quelque temps ; Vanloo l’habille pour le salon de la Saint-Louis, et ce n’est pas une petite affaire.
Bonsoir, grand’femme, je vous embrasse de tout mon cœur. »
Madame de Pompadour
Madame de Pompadour mourut le 15 avril 1764 au château de Versailles, elle avait 42 ans.
La comtesse de Lutzelbourg mourut dans son château de l’Isle Jars, le 23 janvier 1765, âgée de quatre-vingt-deux ans.
À n’en pas douter, la conquête du pouvoir use.

Louis Georges Érasme, maréchal de Contades

En 1763, Louis Georges Érasme, maréchal de Contades, est nommé « commandant en chef » en Alsace et c’est en 1766 qu’il achète le château de l’île Jars. Il fait ajouter deux pavillons de style français sur les côtés du château.

Le maréchal de Contades fut connu à Strasbourg pour son faste, la haute qualité de ses réceptions et on attribue à son cuisinier « Jean-Pierre Clause2[7] » la recette et la forme du fameux pâté de foie gras de Strasbourg.
Contrairement à ce qu’on lit parfois, Jean-Jacques Rousseau n’est sans doute jamais venu au château de l’Île Jars. Son séjour à Strasbourg ne dura que quelques semaines, entre le 2 novembre 1765 et le 9 décembre de la même année. Après avoir fui la Suisse suite à la condamnation de ses ouvrages « Émile » et « Du contrat social », Rousseau cherchait refuge et a été bien accueilli à Strasbourg, contrairement à ses attentes. Pendant son séjour, il a notamment assisté aux répétitions de son opéra « Le Devin du village ». Le maréchal de Contades n’acheta le château de l’île Jars qu’en 1766 et la comtesse de Lutzelbourg était décédée le 23 janvier 1765. Il ne fait aucun doute que Jean-Jacques Rousseau a rencontré à plusieurs reprises le maréchal de Contades, mais sans doute dans sa maison de fonction au 11 rue de la Nuée Bleue à Strasbourg. Dans une de ses lettres, Jean-Jacques Rousseau a déclaré qu’il aurait volontiers séjourné plus longtemps à Strasbourg si « les fréquents dîners de M. de Contades ne l’avaient trop fatigué ». Malgré cette fatigue exprimée, Rousseau semble avoir apprécié l’accueil qui lui a été réservé. Dans une autre lettre, il se déclare « honoré des bontés et de la bienveillance de tout le monde, depuis M. le maréchal de Contades jusqu’au dernier du peuple ».
Le maréchal de Contades quitte Strasbourg en 1788, il est nommé en Lorraine.

C’est Marie-Antoinette, d’origine autrichienne, qui met à la mode le patinage sur glace. Sous le règne de Louis XVI, le patinage devient une distraction à la mode dans les hautes sphères de la société. Le bassin, à l’origine destiné aux militaires, est transformé en hiver en patinoire. On retrouve sur le plan de 1755 le plan d’eau à côté du château.
Charles-Gustave de Falkenhayn – baron (1724 – après 1793)
Son passage au château s’inscrit donc dans la période immédiatement postrévolutionnaire, entre le départ du maréchal de Contades (1788) et l’achat par Pasquay (vers 1789). En tant que lieutenant général résidant à Strasbourg et chef de la 2ᵉ division en Alsace, Falkenhayn était un personnage de premier plan dans la ville, ce qui explique naturellement qu’il ait pu occuper ou détenir cette propriété de prestige.
Jean-Nicolas PASQUAY
Le château sera acheté peu de temps après (vers 1789) par Jean-Nicolas PASQUAY [1744-1809]. C’est lui qui constitue le lien direct avec les Levrault : Pasquay était papetier, et il faisait partie du cercle strasbourgeois gravitant autour de Cerf-Beer, un réseau mêlant affaires de librairie, commerce, philosophie et politique, auquel appartenait aussi François Laurent Xavier Levrault. C’est dans ce cercle d’intellectuels et d’hommes d’affaires strasbourgeois que se noua leur amitié.
Famille de Caroline SCHERTZ
Puis la famille de Caroline SCHERTZ-LEVRAULT, mariée à François Laurent Xavier Levrault, grand ami de Jean-Nicolas PASQUAY, héritera par donation vers 1810.
Charles Schutzenberger – Schutzenbergerschloss
Vers 1850, Charles Schutzenberger3 achète le château de l’île Jars et rebaptise la propriété Schutzenbergerschloss (Campagne Schutzenberger).
« Le 2 septembre 1970… le capitaine de vaisseau Du Petit-Thouars conduisait 300 hommes depuis le Wacken jusqu’à l’île Jars occupée par les Prussiens. Accueillies par un feu aussi violent qu’inattendu, ces différentes colonnes furent repoussées. Sur différents points toutefois, à l’île Jars notamment, le combat fut soutenu avec opiniâtreté de part et d’autre ; nos troupes durent céder devant l’arrivée de nombreux renforts badois. »4
Le 7 septembre 1870, la demeure est incendiée.

Elle semble avoir été rapidement reconstruite dans les années 1872-1873, car un document de 1883 mentionne l’adresse de Mme Schutzenberger à « l’île Jars », nom de la rue à l’époque.
Charles Schützenberger fera reconstruire la maison dans le cadre des dommages de guerre vers 1876 dans un style français avec des toits à la Mansart. Les règles strictes établies pour les constructions du quartier obligent l’architecte à construire la maison en structure de bois avec des poutres de 10 × 10 centimètres. La guerre de 1970 avait laissé des traces et les autorités voulaient pouvoir raser ce qu’ils considéraient comme une zone de protection de la ville de Strasbourg.
Charles Schulzenberger est mort le 22 septembre 1881 à 72 ans. Sa veuve Marie Lemmermann Schützenberger continue à habiter dans la campagne Schützenberger.

Madame Schützenberger, devenue veuve le 25 septembre 1881 de Charles Schützenberger, habitait au château de l’île Jars en 1883.
Ernest Schutzenberger vendra des terrains de l’île Jars en 1898, ce qui permettra le début de la construction du quartier du Tivoli.
Les héritages successifs conduisent à la vente de la propriété et des terrains le 2 octobre 1900 par Monsieur Karl KNAPP, commerçant, demeurant à Strasbourg, agissant en sa qualité de mandataire de :
a) Madame Sophie STEPHAN, propriétaire de brasserie à Koenigshofen, veuve du brasseur David GRUBER, propriétaire de l’ancien établissement en nom personnel « GRUBER & Cie », y demeurant
b) Monsieur Ernst SCHNEIDER, commerçant demeurant à Koenigshofen,
c) Monsieur Adam STEPHAN, père, commerçant y demeurant,
d) Monsieur Julius BOEHM, commerçant y demeurant et
e) Monsieur Albert SCHMITTEN, commerçant y demeurant, en vertu d’une procuration notariée du 28 décembre 1898, enregistrée et annexée à un acte de vente de Me LOEW, notaire du 18 janvier 1899, ainsi qu’en vertu de deux procurations et substitutions notariées du 29 septembre 1900 et du 2 octobre 1900 qui se trouvent annexées à un acte de vente de Me LOEW, notaire du 2 octobre 1900.
C’est sans doute en octobre 1900, suite à la vente de la campagne Schützenberger, que la maison fut renommée « Villa Voltaire ».
Paul Schutzenberger
Habite la maison entre 1881 et 1899,
neveu de Charles, professeur de chimie, membre de l’Académie des sciences.
Paul Schöttle et Anna Schöttle
En 1902, la vente de la Maison de l’île Jars est faite à Monsieur Paul Schöttle et Madame Anna Schöttle.
La vente de la Maison de l’Île Jars est faite au profit de Monsieur Paul Schöttle et Madame Anna Schöttle. Il semble que Paul et Anna Schöttle aient été des commerçants à Strasbourg à la fin du XIXᵉ siècle, spécialisés dans la vente de mobilier et la décoration intérieure. Leur établissement est mentionné dans les annuaires commerciaux de l’époque, notamment à l’angle de la rue du Dôme et de la rue Brulée.
La propriété attenante de l’association des patineurs que celle-ci a acquise par d’autres actes, le même jour et des mêmes époux SCHUTZENBERGER, la partie restante encore existante d’un terrain d’une plus grande surface de 1126,24 ares, dont la partie manquante est maintenant occupée, en partie, par les glacis, le fossé des remparts, le remblai des remparts. Le chemin des remparts a été partiellement vendu à des particuliers comme terrain de construction.
Suite page Villa Voltaire
[1] Klinglin Maria Anna, née en 1684 – décédée le 11 août 1734.
Père : Klinglin Jean-Baptiste
Mère : Günther Dorothea
Conjoint : Andlau (d’) Anton et Léonor Marie du Maine, né en 1659 – décédé le 4 janvier 1730
https://gw.geneanet.org/frebault?lang=fr&n=klinglin&p=maria+anna
[2] Léonor Marie du Maine, né le 14 septembre 1655 à Changy et décédé le 15 janvier 1739 à Strasbourg, comte du Bourg, baron de l’Espinasse, est un militaire français, maréchal de France en 1724.
https://fr.wikipedia.org/wiki/L%C3%A9onor_Marie_du_Maine_du_Bourg
[3] Marie-Ursule de Klinglin est la deuxième fille de Jean-Baptiste de Klinglin, préteur royal de Strasbourg et membre du corps de la noblesse d’Alsace. Elle épouse Walter de Lutzelbourg, seigneur d’Altorf, lieutenant-colonel de cavalerie au régiment Royal-allemand.
[4] Voltaire, de son vrai nom François-Marie Arouet, né le 21 novembre 1694 à Paris où il y meurt le 30 mai 1778, est un écrivain et philosophe français, jouissant de son vivant d’une célébrité internationale et considéré aujourd’hui comme figure emblématique et centrale des Lumières.
[5] Source : Gallica – Voltaire (1694-1778). Correspondance / Voltaire ; avec préfaces, avertissements, notes, etc. par M. Beuchot. 1830-1834 – Tome LVI Correspondance tome VI
[6] Nom que donne Voltaire à sa maison de Genève dans le quartier de Saint-Jean, non loin du Rhône.
- Source : https://www.lebrech-associes.com/lot/13723/2647443-marie-ursule-de-klinglin-comtesse-de-lutzelbourg-1683-1765 ↩︎
- L’orthographe exacte du nom de l’inventeur du pâté de foie gras a changé avec les recherches faites à son sujet. Son vrai nom était Pierre Claude, et non Jean-Pierre Clause comme indiqué sur son acte mortuaire.
— Il n’était pas Normand, mais Lorrain, né à Dieuze en 1757.
Histoire de Claude
Pierre Claude débuta comme petit gâte-sauce dans une auberge d’Évreux, ce qui lui fit attribuer une origine normande. Il vint ensuite à Paris avec son oncle, Nicolas Dumoulin, qui le fit admettre parmi les gens du comte d’Artois.
En 1765, attiré à Strasbourg par son frère aîné, pâtissier, il devint premier cuisinier du maréchal de Contades, gouverneur de l’Alsace. C’est entre 1779 et 1783 que Claude eut l’idée de confectionner le pâté de foie gras dit « à la Contades ».
Le 10 février 1784, Claude épousa Marie-Anne Maring, veuve d’un pâtissier, et s’établit à son compte. Il s’inscrivit à la corporation des pâtissiers le 28 février 1784.
La création de Claude, le pâté de foie gras, connut un succès immédiat et fit sa réputation. Aujourd’hui, la gloire de Claude éclipse celle du maréchal de Contades, pour qui il avait créé ce plat devenu emblématique de la gastronomie française. ↩︎ - Charles Schützenberger, né le 1ᵉʳ février 1809 à Strasbourg et mort le 22 septembre 1881 dans la même ville, est un médecin alsacien, professeur à la faculté de médecine de Strasbourg. Professeur agrégé en 1834, chef de clinique l’année suivante, professeur de clinique médicale en 1845, il se livra à l’enseignement pendant trente-cinq ans, avec un zèle et un courage qui ne se sont jamais démentis, malgré les souffrances causées par une cruelle infirmité. Schützenberger était un clinicien hors ligne et un réformateur. Sa clinique, l’une des premières en France, a réalisé l’association journalière des études cliniques et des recherches d’anatomie et d’histologie pathologiques.
C’est sous sa responsabilité que fut faite, à Strasbourg, la première ovariotomie. Ouvrages principaux Fragments d’études pathologiques et cliniques
(Paris, 1879, gr. in-8, 15 pl.) Fragments de philosophie médicale.
Leçons d’introduction aux études cliniques. (Paris, 1879, gr. in-8). Dr L. Hx.
La Grande Encyclopédie : inventaire raisonné des sciences, des lettres et des arts. Tome 29 / par une société de savants et de gens de lettres ; sous la dir. de MM. Berthelot ↩︎ - Revue alsacienne du 1877-01-01 – Source : Gallica – bpt6k9661216s ↩︎
Site d’Antoine WENDLING : https://www.antoinewendling.eu
