Le barrage de la Robertsau, sur l’Ill à côté du Palais des droits de l’homme, était l’un des derniers barrages à aiguilles (Nadelwehr) de France construit en 1842.
Le barrage à aiguilles, régule le niveau d’eau dans l’Ill et les canaux strasbourgeois. Il est composé de 750 aiguilles en bois, « du sapin des Vosges ». « Les aiguilles, disposées l’une à côté de l’autre, étaient équipées d’un système d’accroche qui les maintenait au fond de l’eau, et adossées à une structure métallique. « Et comme ça, vous faites un obstacle à l’écoulement sur toute la largeur du barrage ! Ensuite, si vous avez plus ou moins d’eau, vous ajoutez ou vous enlevez des aiguilles. C’est très rustique, mais très efficace. » En cas de crue, le système avait également l’avantage de pouvoir « quasiment disparaître ». Les structures métalliques, articulées au fond, se couchaient alors dans l’Ile.[1]

Photo Philippe Jobert – 2017-03-30
Ces aiguilles mesurent environ 2.60 mètres et sont disposées contre des poutres en bois au fond de l’eau sur lesquelles sont fixées des fermettes. Il sert à régler le niveau des cours d’eau traversant Strasbourg au centimètre près, car le tirant d’eau étant faible, il faut assurer un niveau d’eau suffisant pour que les bateaux ne touchent pas le fond, mais pas trop haut pour pouvoir passer sous les ponts, Ces aiguilles sont manœuvrées à la main, ce qui représente un certain danger.

Photo Philippe Jobert – 2025-06-09
« L’inauguration du nouveau barrage de la Robertsau le 7 juin 2024 en remplacement du barrage à aiguilles de 1842. 5,2 millions d’euros ont été nécessaires au financement des travaux. La somme a été réunie grâce à la participation de divers acteurs : la région Grand Est, qui a fourni le plus gros de la dotation, Ports de Strasbourg et l’Agence de l’eau Rhin-Meuse. Le reste du financement provient du plan national de relance et de résilience, soutenu par des fonds européens.
Ce nouveau barrage est automatique et ne nécessite que très peu d’intervention humaine.
[1] DNA – Jessica Lévy – 06 juin 2024
